Décoder le phénomène Morgane Moncomble : Analyse et clés de lecture
- Marjorie Lorant
- 13 juil.
- 18 min de lecture
L’été est souvent synonyme de lectures feel good, en témoignent les nombreuses tables de librairies qui regorgent de livres aux thématiques moins lourdes que ce qui est attendu pour la rentrée littéraire et les mois d’hiver.
Parmi les nombreux.ses auteurices du genre, une se démarque depuis quelques années : Morgane Moncomble.
Autrice de New Romance depuis 2017 avec Viens, on s’aime, elle a gravi les tops des ventes et se place même en 2ème position derrière Virginie Grimaldi dans le classement des auteurices de fictions francophones les plus vendu.es 2025 avec pas moins de 823 579 exemplaires notamment du au succès de sa sage Seasons.
Par le nombre de ses publications, l’autrice a démontré sa connaissance et sa maîtrise de plusieurs sous-genre de la romance :
La romance contemporaine, qui se définit comme un sous-genre de la romance dont « l’intrigue se situe en règle générale au moment où l'auteurice l'a écrite, elle reflète donc les mœurs de son époque. ».
La New Romance, qui est un sous-genre qui « met en scène des jeunes adultes de 18 à 30 ans qui expérimentent les premières expériences de la vie adulte. ».
La romance psychologique, qui « met l'accent sur des enjeux émotionnels clairs (tension, conflit intérieur, rédemption, vulnérabilité) et promet une progression relationnelle marquée. ».
Enfin, 2026 marque un tournant pour l’autrice qui s’essaie au pari de la romance historique avec le premier tome de sa nouvelle trilogie La Révolte de la Reine. C’est un sous-genre remis sur le devant de la scène avec notamment La Chronique des Bridgerton. L’intrigue se déroule « avant la Seconde Guerre mondiale mais inclut des attitudes et même souvent des dialogues contemporains. ». Pari gagnant puisque ses lecteurices sont toujours au rendez-vous malgré quelques critiques.
Il s’agit donc d’une autrice installée, qui a fait ses preuves et rassemble aujourd’hui des milliers de lecteurices. Ses livres sont des enjeux essentiels pour chaque librairie accueillant un public s’intéressant à la romance. Pour autant, j’en conviens, au vu de la diversité des genres littéraires et du nombre de parutions, s’il ne s’agit pas d’un genre que vous appréciez en tant que libraire, les lire et les défendre peut s’avérer difficile. Et surtout, face aux campagnes médiatiques menées par les maisons d’édition, on pourrait facilement s’attendre à ce que les lecteurices sachent déjà à quoi s’attendre. Cependant, même la romance psychologique peut aborder des thématiques non adaptées à certaines lecteurices, la Dark Romance n’ayant pas le monopole des sujets difficiles c'est pourquoi, il est important de connaître les thématiques abordées pour les recommander au bon public et mettre en garde les plus jeunes qui voudraient s'y essayer.
Ayant grandi avec la romance, j'ai vu ce genre évoluer, je me suis imprégnée de ses codes et clichés et j'ai appris à l'analyser. Ainsi, je me suis attelée à la lecture de l’ensemble de la saga Seasons afin de vous en faire un retour clé en main. Alors, attention, spoilers !
Clés de lecture
Tome Un : Un Automne pour te pardonner

Maison d'édition : Hugo Romans
1ère publication : 20/09/2023
1er EAN : 9782755669398
Narrativement, ce premier tome se place comme étant une romance Romantic suspens, sous-genre qui se définit ainsi : La romance policière ou « suspense romantique » est un mélange d'une romance avec un polar. Il implique une intrigue ou un mystère que les protagonistes doivent résoudre. Il a parfois été vendu comme une Bully Romance, donc une romance sur fond de harcèlement et je suis en contradiction totale avec ce marketing. Tout d’abord car Lou fait certes partie du groupe ayant harcelé Camélia mais il n’en est pas l’instigateur, il n’y a jamais pris plaisir et n’était pas au courant de l’ampleur du harcèlement. Enfin, étant lui-même dans une relation toxique avec Rory, il est également à considérer comme victime. Ainsi, je récuse profondément le terme de bully romance pour ce roman. Cette précision me semble importante car c’est la raison pour laquelle je craignais de lire ce premier tome, je trouve particulièrement problématique la romantisation du harcèlement et je ne souhaitais pas en lire et je ne dois pas être la seule lectrice à avoir été ainsi rebutée par ce premier tome alors que ce n’est pas la réalité du livre.
Le roman s’ouvre sur le meurtre de Rory, un homme violent, manipulateur et égocentrique, à l’origine du harcèlement de nombreux.ses élèves du lycée dans lequel il a étudié lors de sa jeunesse. Le premier suspect n’est autre que son amant, Lou.
Cependant, très vite, on se rend compte que Rory est plus vicieux que ce qu’il laissait paraître et semble presque avoir organisé son propre meurtre. En effet, par le biais de son testament, il réunit son groupe d’ami.es ainsi que sa victime préférée, Camélia et lui donne la charge de découvrir qui est véritablement coupable.
Cette mécanique m’a fait penser à une partie de Cluedo ainsi qu’au film Knives out car chaque personnage avait de bonnes raisons d’en vouloir à Rory et de souhaiter sa mort. Je me suis surprise à apprécier ce livre plus que ce que j’aurais pensé, étant assez peu friande du genre du polar et du thriller.
En tant qu’avocate, Camélia va récupérer le dossier d’accusation de Lou pour le défendre, mais également pour se venger de ce qu’elle a subi – Rory lui ayant toujours affirmé que Lou était l’instigateur de son harcèlement et qu’il se contentait de faire le sale boulot à sa place.
Au cours du roman, nous allons faire la lumière sur le harcèlement subi par la protagoniste et les répercussions que cela a eues. J’aurais d’ailleurs aimé que cet aspect soit davantage exploité. En effet, Camélia indique avoir eu de gros problème dans son rapport à son corps et dans sa sexualité, sans que l’autrice aille au fond des choses à mon sens. Nous allons également apprendre qu’elle n’était pas la seule et que le bizutage était monnaie courante au sein de l’établissement, mettant en exergue les rapports de domination entre la classe aisée et les plus modestes.
Une autre partie de l’histoire concerne l’histoire d’amour – si on peut l’appeler ainsi – entre Rory et Lou. Au départ non réciproque, Rory profite de l’amour que lui porte Lou pour installer un environnement de contrôle et de manipulation. Je pense, à la fin de ma lecture, que Rory a sincèrement aimé Lou mais qu’étant lui-même aux prises avec ses traumatismes et son état mental instable, il n’a jamais pu le montrer correctement ni même être respectueux des sentiments de Lou. La bisexualité des personnages est installée, ne demande aucune autorisation, et n’a aucune conséquence pour les personnages – sauf quand Rory se moque de Lou pour cela, évidemment, mais comme ils vont entamer une relation, je suis assez mitigée, en partie parce qu’ils ne sont pas officiellement ensemble, Rory ayant une petite amie. N’étant pas directement concernée par le sujet, je ne jugerai pas de la qualité de la représentation, mais je dirai qu’elle fait partie des meilleures de la saga.
En ce qui concerne la relation entre les personnages et la mise en place de la romance, je n’ai pas grand-chose à dire. J’ai apprécié la manière dont la communication a été amenée, comment la dynamique a laissé place à une relation sensuelle et charnelle. Les scènes à caractère sexuel ne sont pas omniprésentes et apportent une autre dimension à leur relation. Elles sont également plutôt bien écrites, pas vulgaires et n’instaurant pas non plus un rapport de domination de Lou sur Camélia ou inversement. La seule critique que j’aurais malgré tout à faire c’est que, comme indiqué plus tôt, Camélia a eu des séquelles de son harcèlement en ce qui concerne son corps et sa sexualité, mais tout disparaît et devient simple avec Lou ce que j’ai trouvé facile. De même, nous n’avons connu Lou qu’à travers sa sexualité avec Rory et n’ayant vécu que pour lui pendant plus de 10 ans, il n’est indiqué nulle part qu’il a une quelconque expérience de la sexualité hétérosexuelle. Pourtant, il n’éprouve aucune difficulté avec Camélia, se révélant être presque un « dieu du sexe » ce qui le rend, à mon sens, moins crédible mais ce qui répond au cliché des hommes dans les romances.
Le plot-twist est bien amené, l’intrigue monte crescendo et la conclusion est satisfaisante, raison pour laquelle je n’épiloguerai pas dessus.
C’est, en conclusion, à mon sens, une bonne lecture, qui s’adresse a un public malgré tout averti, pas en dessous de 17-18 ans car, malgré tout, on fait référence à de la violence, du harcèlement, avec des scènes parfois difficiles.
Tome Deux : Un Hiver pour te résister

Maison d’édition : Hugo Romans
1ère publication : 03/01/2024
1er EAN : 9782755670578
Pour ce deuxième tome, l’autrice construit une romance psychologique contemporaine autour de trois tropes :
Rivals-to-lovers : les deux protagonistes sont présenté.es comme étant rivaux bien que faisant équipe et vont tomber amoureux.
Proximité forcée / cohabitation : iels vont devoir vivre ensemble pendant plusieurs mois ce qui va favoriser l’intimité et l’éclosion des sentiments.
Romance sportive : le cadre romantique se créé dans un contexte de sport professionnel, ici le patinage artistique.
Lily est passionnée par le célèbre patineur Orion avec qui elle a 3 ans d’écart ce qui exclue d’ores et déjà la trope du age gap (lorsque les deux protagonistes ont un écart d’âge très important et qui est souvent à l’origine d’un rapport de domination). Elle ne souhaite qu’une seule chose : le battre. Néanmoins, celui-ci ne participe plus aux différentes compétitions et pour cause, il est persuadé être victime d’une malédiction puisque l’ensemble de ses partenaires précédentes ont connu des histoires tragiques (bien qu’il ne soit à l’origine d’aucunes), les ragots des journalistes ayant bien fait leur travail, tout le monde le qualifie de Champion maudit, ce dont il se persuade.
Par la force des choses, Lily et Orion vont devoir faire équipe pour décrocher la médaille d’or aux Mondiaux. Seulement, la première rencontre se passe mal et Lily se met tout de suite à mépriser son patineur préféré. La solution de leur coach, les faire vivre ensemble afin de les forcer à s’entendre et à créer une alchimie.
Evidemment, l’alchimie est là, seulement cachée par les craintes d’Orion. Lily va alors le pousser dans ses retranchements, elle qui ne connaît que le travail et le perfectionnisme refuse de perdre à cause des on-dit et se met donc en tête de prouver à Orion qu’il n’est pas maudit. Malheureusement, lors d’une représentation, Orion perd l’équilibre à cause de problème d’audition menant à un accident. Lily est désormais défigurée après avoir reçu un coup de patin dans le visage. Dans son malheur, elle a évidemment eu de la chance puisque ses yeux sont intacts. Orion est traumatisé par ce qu’il vient de se produire et refuse de sortir de chez lui et de reprendre le patinage. Lily quant à elle, se sort de son syndrome de stress post-traumatique très vite et n’accorde aucune importance à sa nouvelle importance, ce que j’ai trouvé très peu crédible. C’est à mes yeux un gros manque dans cette romance car, ce traumatisme est balayé par le perfectionnisme de Lily. Au même moment, Orion apprend qu’il devient sourd et cet aspect de l’histoire en revanche, m’a semblé réaliste. Le protagoniste passe par plusieurs étapes avant d’accepter son handicap, le déni, la colère, les nouvelles difficultés et l’adaptation du quotidien.
L’histoire de s’arrête pas là, Lily réussit à convaincre son partenaire de reprendre et à coups d’entraînements intensifs, iels reprennent le cours des compétitions mais, c’est également le moment pour Orion d’apprendre à Lily à lâcher du lest quant au perfectionnisme, qu’on ne peut jamais être fier.e de soi ou être satisfait.e si on cherche toujours la perfection et si le message est important, j’ai eu l’impression qu’il passait un peu vite.
Si l’histoire est douce et simple à lire, il manquait selon moi une chose essentielle : une meilleure représentation. Je m’explique. Les deux protagonistes sont racisés. Cependant, on aborde ce sujet à aucun moment du livre si ce n’est vers la fin où c’est Lily donc personnage racisé qui fait face à son amie blanche qui lui avoue qu’elle est jalouse de son talent là où Lily avait pensé injustement pensé d’elle que, parce que blanche, elle était favorisé, etc. J’ai trouvé ça assez maladroit dans le sens où aucun des deux protagonistes n’est jamais confronté au racisme (ce qui est impossible, l’histoire se plaçant dans notre monde contemporain et celui-ci étant encore empreint d’un racisme assez visible) et, dès qu’on en parle, c’est pour qu’elle se sente coupable d’avoir pensé que parce que blanche, son amie était favorisée. J’ai donc trouvé cette représentation bancale, étant presque du tokenisme. N’étant pas moi-même concerné par le sujet, je m’appuie sur les analyses de Mahuna Vigam pour cette partie de mon avis. Cette autrice mène de front le combat pour une meilleure inclusion des personnages racisés au sein de la littérature et je vous invite fortement à la suivre sur les réseaux sociaux.
En conclusion, je dirai qu’il s’agit d’une bonne romance pour commencer. Elle peut être conseillée à partir de 14-15 ans selon moi. Il y a peu de scènes explicites et la relation entre les protagonistes est saine.
Tome Trois : Un Printemps pour te succomber

Maison d’édition : Hugo Romans
1ère publication : 20/03/2024
1er EAN : 9782755670400
Avant d’entrer dans la critique, je tiens à préciser qu’il s’agit du tome qui sera le plus critiqué et où malheureusement peu de points positifs seront mentionnés. Je pense qu’avec plus de temps et un appel à des sensitives readers (les sensitives readers sont des lecteurices avertis sur certains sujets et auxquels les maisons d’édition, notamment en romance, font appel pour s’assurer du respect de certaines romances envers des communautés, des religions, etc.) qualifié.es sur les sujets abordés cette romance aurait pu avoir un meilleur impact.
Maintenant que ce cadre est posé, voici mon avis sur cette romance contemporaine, troisième tome de la saga. L’autrice utilise de nouvelles tropes au sein de ce nouveau roman pour garder une certaine originalité et pour développer les thématiques choisies pour cette romance. Les voici :
Mariage arrangé : les deux protagonistes vont choisir de se marier sans s’aimer, chacun.e pour des raisons qui leur sont propres.
Fake dating : iels font semblant d’être en relation pour cacher certaines choses.
Proximité forcé : dans le cadre de leur mariage arrangé, iels vont devoir vivre ensemble.
Single mom : Nolia est mère célibataire
L’histoire commence par une jeune fleuriste, Nolia, au bord de la faillite. Maman célibataire après un déni de grossesse – on va découvrir qu’elle a fui Enzo, le père du bébé pour cause de violences conjugales, ce qu’elle tait à son entourage – elle décide de mettre son égo de côté et demander une aide financière à ses parents qui sont riches, mais qui l’ont également abandonnée lorsqu’elle a refusé d’abandonner son bébé et de se remettre avec le père de l’enfant.
Avant d’accepter d’aider leur fille, iels lui propose deux options :
Elle se remet avec Enzo et leur permet de faire partie de la vie du bébé ;
Elle accepte un nouveau mariage arrangé et leur permet de faire partie de la vie du bébé.
Un chantage affectif pur et simple auquel elle répond simplement par « Je suis déjà fiancée » (ce qui est évidemment faux). Ravi.es, iels acceptent de lui verser une première somme et lui assure qu’iels verseront le reste après avoir rencontré le fameux fiancé ainsi que leur petite fille.
Désarmée, elle doit trouver un faux fiancé en urgence et va ainsi faire la rencontre de Camille. Cet homme est en proie à un nouveau scandale et pour cause : il vient de mettre sur le marché une application facilitant le travail du sexe. Cette application « sécurise » le travail du sexe en vérifiant les profils de chaque utilisateurices. L’autrice a tenté d’esquisser un débat via une journaliste, mais ce n’était à mon sens, pas suffisant. D’un côté, Camille affirme que c’est donner une sécurité aux personnes vulnérables qui n’ont pas d’autres choix que celui de la prostitution afin d’à terme les aider à en sortir (comment ? ce n’est pas vraiment explicité ou alors pas assez) et dans le même temps, il dit que sur son application, on retrouve majoritairement des personnes riches cherchant de nouvelles expériences. Rien que ceci démontre l’ignorance de la réalité du sujet et c’est ce qui m’a le plus posé problème au cours de ma lecture. Par ailleurs, il prend comme défense sa propre mère qui a dû se prostituer dans l’enfance de Camille afin de pouvoir subvenir au besoin du foyer. Il se cache derrière cette justification pour se persuader que son application est une bonne chose. Evidemment, il fait également des dons auprès d’associations qui viennent en aide aux personnes victimes de la prostitution mais, je trouve ces deux actes antinomiques. La journaliste va d’ailleurs comparer l’application avec le proxénétisme ce qui va choquer et énerver Camille qui, étant persuadé du bien-fondé de sa démarche, ne se reconnaît pas du tout dans ce terme. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à regarder le documentaire de Grande Bavardeuse « Faut-il vraiment abolir le TDS ». Et de toute façon, pourquoi se remettrait-il en question alors que sa mère est une ancienne prostituée et son meilleur ami, un homme trans escort via l’application de Camille ?
L’agente, manageuse, amie de Camille va donc faire en sorte que celui-ci recroise la route de Nolia et une fois cela fait, les deux protagonistes vont faire le choix de faire un mariage blanc, Camille profitera de la pureté apparente de Nolia pour redorer son image et Nolia profitera de la richesse de Camille et de la protection que celui-ci peut lui offrir à elle et sa fille face au risque qu’Enzo ressurgisse.
Nolia et sa fille vont donc venir vivre chez Camille et les deux protagonistes vont jouer le jeu devant les caméras puisque l’agente a réussi à convaincre une chaîne télévisée de faire une télé-réalité de leur mariage. Enzo revient dans les parages avec nombre de menaces, un chantage à peine déguisé et d’autres manipulations en tout genre. Sa plus grande menace est celle du revenge porn. En effet, il détient des nudes de Nolia, prises à son insu pour la plupart ainsi qu’une sextape non consentie de leurs ébats qu’il a d’ailleurs diffusé dans un groupe Facebook à l’époque où iels étaient encore en couple. Nolia l’avait appris et avait été dévastée, se sentant profondément honteuse puisque femme et société patriarcale et doublement, car issue d’une famille indienne puissante pour qui les coutumes et les traditions sont importantes. Ainsi, la fuite de ces données la déshonorerait auprès de sa famille et de sa communauté. C’est de cette manière qu'Enzo sait la tenir sous son joug.
Cette relation toxique a évidemment entaché la sexualité de Nolia ainsi que son rapport à son corps mais au travers de plusieurs scènes à caractères sexuelles, elle retrouve plaisir à la sexualité et reprend confiance en elle parce qu’évidemment, comme tout bon homme de romance, Camille est l’homme de la situation et même qu’il lui redonne goût aux nudes car lui aime l’idée qu’elle en ait de lui afin qu’elle puisse les utiliser lorsqu’elle le désire, l’inverse n’étant pas présent, lui n’a aucune photo d’elle notamment en raison de son passé.
De nombreuses péripéties plus tard, Enzo est mis hors d’état de nuire, Camille et Nolia s’avouent leur amour véritable et célèbrent leur mariage pour de vrai. Tout est bien qui finit bien.
Cependant, il y a une autre lecture à avoir pour compléter mon propos et cette autre lecture me pose question. L’origine indienne de Nolia a une importance dans le récit, mais pas tant pour dénoncer le racisme de nos sociétés, ce qui révèle le même manquement que dans le tome précédent. Ici, cette origine permet de dénoncer le mariage forcé qui est encore coutume en Inde. Enfin, par dénoncer, j’entends seulement en surface. Pour commencer, on n'aborde jamais l’origine de cette coutume, les parents disent seulement que c’est comme ça, qu’on peut choisir de qui on tombe amoureux et que si cela a fonctionné pour elleux alors ça fonctionnera aussi pour leurs filles (en effet, Nolia n’est pas enfant unique). Lorsqu’iels ont essayé de la mettre sur le fait accompli, cette dernière avait fui et par un certain hasard était tombé sur Enzo, preux chevalier qui lui a fait miroiter une magnifique histoire d’amour avant de la transformer en prison. Nolia s’est alors révélé fervente féministe (jusqu’à en faire un trait de personnalité mentionné dans le résumé) mais elle ne lutte pas contre le mariage arrangé, ni ne fait d’actes concrets. Elle tient simplement une liste des raisons de détester les hommes et cela devient un running gag avec Camille qui l’aide à la remplir de manière honnête parce qu’il est évidemment féministe (il défend la prostitution mais est féministe ? cela me pose question mais bon.). Et le plus marquant est le plot twist de fin. J’y avais pensé au cours de ma lecture sans y croire mais si, Camille était le parti choisi lors du premier mariage organisé par les parents de Nolia pour cette dernière alors même si elle dénonce le fait que marier de force ses enfants, c’est mal, elle accorde à son père que celui-ci avait fait un bon choix, détruisant ainsi toute la critique à mes yeux.
En conclusion, la représentation, qu’elle soit du côté de la communauté indienne ou des personnages LGBTQIA+, est à mes yeux particulièrement bancale et peu crédible, les sujets abordés méritaient plus de recherches et de développement, c’était trop pointu et risqué pour le défi de l’autrice d’écrire 4 romances en moins d’un an avec des thématiques aussi variées. Je ne peux donc pas le recommander. Cependant, si je dois le faire alors ce sera plus les plus de 18 ans en raison du manque de recherches.
Tome Quatre : Un Eté pour te retrouver

Maison d'édition : Hugo Romans
1ère publication : 19/06/2024
1er EAN : 9782755670417
Pour clore cette saga, l’autrice nous propose une dernière romance contemporaine avec trois nouvelles tropes :
Seconde chance : les deux protagonistes sont des exs qui décident de se redonner une chance.
Road trip : l’histoire se passe lors d’un voyage en Italie.
Proximité forcée : iels doivent vivre sous le même toit durant l’ensemble de leur road trip.
Alors que sa meilleure amie se marie, Jasmine se souvient qu’elle n’a pas de partenaire alors que son ex et premier amour, Andréa vient accompagné. Hors de question pour elle de s’y rendre seule alors elle demande au premier venu de l’aider à faire face à cette journée. Ironie du sort, cet homme qui va l’aider, Ezra, n’est autre que le cousin du marié et meilleur ami d’Andréa.
Après cette journée, les jeunes marié.es s’embarquent dans un road trip en Italie aux côtés de leurs meilleur.es ami.es, Jasmine et Andréa ainsi qu’Ezra. Personne ne sait pourquoi les deux exs se sont séparés, mais la colère et la tension sexuelle est toujours bien présente, chacun.e attendant le dénouement, vont-iels se remettre ensemble ou non ?
Au départ, Jasmine veut réussir à dépasser sa rupture et demande de l’aide à Ezra pour réussir à séduire d’autres hommes, mais sous cette envie se cache un désir plus pernicieux, celui de montrer à Andréa ce qu’il a loupé en la quittant. Ce dernier regrette et on ne comprend qu’au fil de la lecture et des retours dans le temps que c’est le décès de leur nourrisson qui les a mené à la rupture. Jasmine, qui n’avait jamais vraiment réussi à communiquer sur ses émotions, n’arrivait plus à parler à Andréa suite à un syndrome de stress post-traumatique et une dépression suite au deuil périnatal auquel elle fait face et Andréa n’arrivant plus à gérer son deuil et le silence de Jasmine.
Aujourd’hui plus matures, adultes et ayant fait le deuil de leur enfant, iels décident de céder à leur désir avant de choisir de retenter leur chance. Malgré tout, et c’est là toute la force du roman, cette nouvelle chance est vouée à l’échec et on s’en rend très vite compte. Jasmine n’a jamais désiré d’enfant. Elle n’a été au bout de sa grossesse qu’en se convainquant que c’était par amour pour Andréa et que d’une certaine manière, c’était son rôle de femme. Ce fait-là est d’ailleurs très bien critiqué tout au long du roman, l’autrice insistant sur le fait qu’une femme a tout à fait le droit de ne pas vouloir d’enfant au même titre qu’elle peut désirer en avoir. Elle montre d’ailleurs comment l’entourage peut se révéler méchant envers cette décision et comment d’autres personnes peuvent se montrer plus soutenantes. C’est alors au tour d’Andréa de se convaincre que même s’il a toujours désiré une vie tranquille avec des enfants, il pourrait accepter de ne pas en avoir par amour pour Jasmine.
Ce n’est qu’au cours de nombreuses discussions, entre elleux et avec les autres personnages que, chacun.e de leur côté, comprennent que leur rupture va bien plus loin que le (non)-désir d’enfant et le décès de leur nourrisson. Jasmine et Andréa s’aiment profondément, mais cela ne suffit pas à les rendre compatibles. Elle adore voyager, il préfère rester chez lui, proche de sa famille. Iels finissent par comprendre qu’en se remettant ensemble, iels ne feraient que se faire plus de mal, car leurs aspirations sont bien trop différentes pour qu’iels puissent s’épanouir complètement. Iels décident alors de se séparer, pour de bon cette fois, sans colère ni douleur, sans non-dits, avec seulement plus de maturité et la promesse de rester meilleur.es ami.es, ce qu’iels étaient avant de tomber amoureux.
Ainsi, Jasmine retrouve l’amour auprès d’Ezra qui s’est révélé être tombé amoureux d’elle au cours du voyage et qui est passé d’un faux prétendant à un ami sur lequel Jasmine a pu compter tout au long du road trip et enfin, un partenaire amoureux avec qui elle partage de nombreux points communs dont la passion des voyages et le non-désir d’enfant et Andréa se rapproche de sa collègue avec qui il partage les mêmes aspirations. Les deux protagonistes gardent contact, car au-delà d’être le premier amour l’un de l’autre, iels sont avant tout meilleur.es ami.es et parents d’un nourrisson mort-né.
Ce dernier tome prend ainsi le contre-pied de ce qu’on attend habituellement d’une romance car, pas de happy ending à proprement parler ou du moins, pas entre les deux protagonistes mais, ça reste une fin heureuse et épanouissante pour les deux. Leur relation est peut-être l’une des plus saines, justement car iels ne s’étaient pas parlé depuis leur rupture qui remontait à 3 ans avant le mariage de leurs meilleur.es ami.es, l’autrice réussit à parler du pardon, de l’acceptation de ses désirs au-delà de l’amour et de la séparation sans qu’il y ait de rancœur ce qui est rare et appréciable.
C’est un très beau roman que je recommande malgré tout à partir de 16 ans en raison des sujets abordés et le décès du nourrisson reste un trigger warning important à prendre en compte lors du conseil.
Une nouvelle trilogie, un nouveau sous-genre


Dans cette nouvelle trilogie, l'autrice s'émancipe des sous-genres dont elle a l'habitude pour tenter sa chance du côté de la romance historique. Si ses fans ont suivi, en témoignent les chiffres de ventes qui sont toujours aussi considérables, elle a également fait l'objet de nombreuses critiques. Le style d'écriture rappelle en effet La Chronique des Bridgerton et si cela a conquis une large part de son lectorat habituel, une autre a été plus critique, s'attendant a davantage de réalités historiques. Malgré tout, on peut noter que le deuxième tome, annoncé pour septembre 2026 tient les lecteurices en haleine sur les réseaux sociaux, démontrant ainsi l'enjeu que représentent les ouvrages de l'autrice.
Une nouvelle qui va probablement relancer les ventes

Le 8 juillet 2026, l'autrice a annoncé à travers un Reels Instagram que son roman Aime-moi, je te fuis allait faire l'objet d'une adaptation avec France Télévisions. Une nouvelle qui redonnera probablement une impulsion aux ventes de l'autrice.
Galerie des romans de l'autrice
Pour terminer cet article, je me permets simplement de remettre l'ensemble des romances écrites par l'autrice avec les dernières couvertures proposées par la maison d'édition.
Conclusion
Plus qu'un phénomène de mode, Morgane Moncomble est une autrice installée dont le succès est indéniable. Chaque nouvelle sortie est accompagnée d'un marketing puissant et d'une forte présence sur les réseaux sociaux. Alors que les prochaines adaptations cinématographiques s'apprêtent à prolonger l'engouement, l'autrice s'impose définitivement comme une incontournable à avoir en table pour quiconque travaille la romance.

























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