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Retour sur le Festival du Livre de Paris 2026

  • Photo du rédacteur: Marjorie Lorant
    Marjorie Lorant
  • 16 mars
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 avr.

Le vendredi 17 avril dernier, sous un grand soleil bleu, j’ai redécouvert le Grand Palais pour participer au Festival du Livre de Paris. L’émotion était grande car, si l’année dernière j’y avais assisté en simple spectatrice, ce n’était pas le cas de cette nouvelle édition, pour laquelle je suis passée du côté des professionnel.les du livre.

Entre conférences, déambulation, rencontres et achats impulsifs, ces trois jours ont été intenses et aujourd’hui je vous emmène sur le fil de ce week-end exceptionnel.


Commençons par les tables rondes !


J’en ai fait une dizaine, réparties sur ces trois jours mais je ne parlerai ici que de quatre d’entre elles que je trouve particulièrement pertinentes.


La première dont j’aimerai vous parler porte sur le rapport entre les français.es et la lecture. Il était intéressant de constater que bien que le secteur du livre soit en crise, la lecture reste profondément ancré dans nos habitudes ce qui est rassurant. Cela complète mon intuition qu’il est indispensable pour les acteur.ices du livre de s’adapter aux nouveaux comportements de lecture, notamment des jeunes. La lecture ne disparaît pas, elle évolue et nous devons être présent.es pour accompagner les lecteur.ices dans ces changements.


Pour cela, je me permets de rappeler que mon enquête sur les comportements d’achats des lecteur.ices est toujours en cours - jusqu’au 7 mai. Elle a justement pour but d’analyser ce que je considère être un angle mort des études produites par le CNL, le SLF, etc. c’est-à-dire, pourquoi les lecteur.ices se rendent ou non en librairie. Quelles sont les moteurs et au contraire quels sont les freins afin que les libraires puissent mieux répondre aux nouveaux besoins des consommateur.ices. A cet effet, je vous remets le lien de mon enquête, si vous n’y avez pas encore répondu ou si vous souhaitez le partager autour de vous :


Table ronde autour de l'écologie du livre animée par Gaëlle Bohé, fondatrice de l'association Fontaine O Livres, Anaïs Massola libraire et membre du SLF, Thomas Bout, directeur des éditions Rue de l'échiquier et Pascal Lenoir, directeur de la production pour Madrigall.

La deuxième table ronde dont je souhaite parler portait sur l’écologie du livre - et j’espère qu’une nouvelle table ronde sur ce sujet aura lieu lors des Rencontres Nationales de la Librairie en juin prochain. Il était important pour moi de la mentionner car l’écologie fait partie des préoccupations grandissantes des lecteur.ices, il est donc essentiel de se saisir de la question. Effectivement, le livre n’est pas le secteur le plus polluant. Comme le rappelait Pascal Lenoir, seulement 1% de la consommation mondiale de bois sert à la fabrication de papier et sur ces 1%, seulement 10% sont consacrés aux livres. Cependant, ce n’est pas parce que l’impact est restreint que nous n’avons pas d’effort à faire. En ce sens, la trêve des nouveautés a été abordé comme une aide à la décroissance et l’ouvrage Ceci n’est pas un livre vert, qui paraitra le 22 mai aux éditions Rue de l’échiquier sera particulièrement intéressant à découvrir.


Table ronde sur la place du livre d'art en librairie.

Sortons des chiffres pour nous concentrer maintenant sur deux rayons à enjeux en librairies : le livre d’art et la place des autrices noires dans la littérature !


Tout d’abord, malgré la disparition progressive des rayons dédiés aux arts en librairie, il est intéressant de noter que ces livres restaient très acheté via le Pass Culture ce qui montre l’intérêt des jeunes pour l’art, notamment la mode. Ce n’est plus seulement un rayon “élitiste” comme on aurait pu le pense auparavant mais bien un rayon qui fait converger autant les collectionneur.ses que les plus jeunes. De même, on peut noter que certains romans tels que Les Yeux de Mona ou Veiller sur elle ont beaucoup intéresser les lecteur.ices. Nous pouvons donc affirmer sans trop de crainte que les lecteur.ices aiment l’art. La question maintenant, c’est comment leur permettre de maintenir leur intérêt ? Par des tables rondes, des rencontres, des collections à moindre coût ? Les hypothèses sont nombreuses et pour choisir la plus pertinente, la connaissance de votre clientèle et de votre implantation sera ce qui fera pencher la balance.


Ensuite, concernant la place des autrices noires dans la littérature, je vous conseille de suivre attentivement le contenu de Mahuna Vigam sur les réseaux sociaux littéraires. Elle produit un contenu très pédagogique sur comment le racisme ordinaire est encore particulièrement présent au sein du monde du livre. Je pense que c’est la table ronde qui m’a le plus touché car les deux autrices présentes (donc Mahuna Vigam et Jamila Rowser) ainsi que la modératrice (Déli du bookclub Overbookees) ont transmis l’importance de la représentation écrite par les pairs et la souffrance engendrée par l’invibilisation subie. Et effectivement, lorsque j’ai eu l’occasion de lire des romans écrit par des auteur.ices afro-descendant.es, pourquoi était-ce toujours au sujet de l’esclavagisme quand les récits des auteur.ices blanc.hes parlent d’expériences de vie, du quotidien ou d’autres thématiques ? Pourquoi les auteur.ices noir.es sont enfermé.es dans un seul type de récit ? Pourquoi iels sont invibilisé.es à partir du moment où les mots choisis semblent trop politiques, où les personnages semblent trop noir.es pour le lectorat blanc si ce n’est à cause d’un racisme ordinaire ? Pourquoi lorsqu’on demande un livre écrit par un.e auteur.ice racisé.e ce sont toujours les mêmes qui ressortent ? Pas que ces récits ne soient pas intéressants, seulement qu’il est anormal de n’avoir que trois références quand des centaines, des milliers de récits et de voix existent. Bref, cet article est politique mais ces trois personnes formidables parleront mieux que moi des récits qui les représentent et c’est pour cela, encore une fois que je vous invite à suivre leur travail et c’est sur cette phrase que je vais terminer la présentation des tables rondes qui m’ont marquées.


Photographie des intervenantes (Mahuna Vigam et Jamila Rowser) ainsi que de la modératrice (Déli de l'association Overbookées) et de la traductrice pour la table ronde autour de la place des autrices noires dans la littérature.

Si les tables rondes étaient enrichissantes, les rencontres que j’ai pu faire l’étaient tout autant. J’ai découvert de nombreux.ses éditeur.ices indépendant.es, des autrices chaleureuses et enjouées, des stands colorés et engagés.


Photographie du stand de Forgotten Dreams. On peut observer les titres La Quinte Geste d'Estelle Tolliac, la saga Livie Morevi de Nathalie Cirac, le premier tome de la duologie Ex Nido de Julie Atlan-Wagner, Les Sultanats du Désert par Alexandra Zins, Les Abeilles Bleues par Ariane, Le temps de l'éphémère par Quentin Gassiat et Promenade par Codex Urbanus

Je commencerai évidemment par le stand Forgotten Dreams, cette maison d’édition que je suis assidûment depuis deux ans maintenant. J’ai la majorité des ouvrages proposés et j’ai tout aimé. Il y en a pour tous les goûts de la littérature de l’imaginaire. De la dystopie, des romans d’anticipation, de la fantasy et une saga de romans fantastiques dont le premier tome a gagné le Prix Imaginales des lycéens il y a deux ans. La dernière parution, sélectionnée pour le Prix Hors Concours aborde des thématiques fortes. Entre autres, les limites de notre système de soin en santé mentale, notre rapport à ce qu’on appelle “folie”, le classisme et les inégalités sociales. Il me tarde de le lire.


Vous remarquerez également la beauté des couvertures. Elle s’explique par le choix de l’éditeur (Quentin Gassiat), de travailler avec des street-artistes, étant lui-même auteur d’essai sur le sujet et amateur de cet art depuis longtemps. Avec cette maison d’édition, vous vous assurez du refus de l’IA, des textes à la voix forte et de vivre des émotions fortes.


Photographie du stand des éditions du grand jardin avec un focus sur les titres Mamayou et Jaguars

Parmi les stands qui m’ont marqué, je peux également vous parler de la maison d’édition jeunesse Le Grand Jardin. Engagée autour de trois valeurs que je partage : Se comprendre ; Comprendre les autres ; S’engager dans le monde, cette maison d’édition se distingue par les thématiques qu’elle aborde, je pense notamment à l’ouvrage Les petits poids pour expliquer simplement le concept de charge mentale.


Enfin, même si j’ai déambulé autour d’autres stands, j’aimerai mentionner les éditions La Singulière dont j’ai oublié de prendre en photo le stand… Cette maison d’édition se concentre sur des récits qui questionnent notre rapport à l’environnement - vous commencez à savoir que l’écologie est un sujet qui me touche ! Ainsi, j’ai eu l’occasion de discuter avec l’éditrice ainsi qu’avec les autrices qui m’ont toutes trois convaincues même si je n’ai craqué que pour un seul ouvrage que je ne vous révèlerai pas maintenant, il faut bien que je garde un peu de suspens ! Tout ce que je peux vous dire c’est que si l’écologie est une thématique chère à vos client.es alors vous devriez vous intéresser à cette maison d’édition.


Maintenant, mentions spéciales à d’autres stands que j’ai aimé (re)découvrir : Le Castor Astral et Les Carnets du Dessert de Lune, toutes deux spécialisées dans la poésie, Métailié, dédiée à la traduction d’ouvrages latino-américains, les éditions Panthera pour des albums jeunesses aux graphismes magnifiques et aux textes engagés et bien d’autres encore.


Parce que le Festival du Livre de Paris est également un lieu où il est facile de craquer, j’ai moi aussi fait quelques achats impulsifs que je ne regrette pas le moins du monde mais j’ai réussi à rester sage !



  • Le marais aux pieuvres, par Pauline Parent, aux éditions La Singulière pour l’aspect éco-féministe. J’ai également appris que ce roman était cité par Wendy Delorme dans l’un de ses récits alors si vos lecteur.ices ont aimé Wendy Delorme, iels apprécieront probablement Pauline Parent.

  • Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde, par Chloé Delaume, aux éditions du Castor Astral. J’ai déjà eu l’occasion de lire l’ouvrage Sororité écrit sous sa direction aux éditions Points, ce sera pour moi l’occasion de la découvrir plus “intimement”.

  • Les Abeilles Bleues, par Ariane, aux éditions Forgotten Dreams. Il était évident que j’allais ajouté le petit dernier de la maison à ma collection. Je ne l’ai pas encore commencé mais le travail d’impression est particulier, la mise en forme des voix entendues par le protagoniste promet d’être intéressant.

  • trois fois la colère, par Laurine Roux, aux éditions du Sonneur. Je l’avais commencé en SP à l’époque où j’étais encore libraire et j’avais adoré l’écriture alors j’ai profité de sa présence pour craquer et avoir une dédicace. J’ai d’ailleurs appris qu’elle était en lice pour le Prix des libraires alors si vous l’êtes, que vous aimez le réalisme magique, l’époque du Moyen-Âge, la mise en avant de femmes fortes et vengeresses, ce récit devrait vous plaire !


Pour un premier article, je trouve que j’ai déjà bien parlé, il est donc temps de conclure !


Je n’ai évidemment pas parlé d’absolument tout ce que j’ai vécu mais une chose est sûre, ces souvenirs sont gravés dans ma mémoire. Mes réflexions pour accompagner les libraires s’en sont retrouvées nourries et je continue de réfléchir pour offrir le meilleur de mes capacités aux librairies avec lesquelles je travaillerai.


J’ai déjà hâte de connaître la programmation de l’an prochain mais en attendant, je peux me rassurer en me rappelant que le Salon du Livre Lesbien m’attend, tout comme le Festival SLAP et évidemment les Rencontres Nationales de la Librairie lors desquelles il me tarde de vous rencontrer !


Si vous êtes aussi impatient.es que moi, vous pouvez me retrouver sur Instagram, dans ma newsletter et sur LinkedIn.


Merci pour votre lecture et votre soutien,

A très vite,

Marjorie !

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